Photographe événementiel et maîtrise du boîtier photo
Emmanuel Gutman
Emmanuel Gutman

Photographe événementiel et maîtrise
du boîtier photo : je vous explique !

Un photographe événementiel digne de ce nom se doit de gérer parfaitement son appareil photo. Les marques diffèrent, les types de boîtiers varient, mais le principe reste le même. Il s’agit avant tout d’un équilibre entre trois paramètres : l’ouverture de l’objectif, la vitesse d’obturation et la sensibilité du capteur à la lumière. Chaque paramètre apporte ses avantages et ses inconvénients. Ils permettent aussi de créer son propre style : certains photographes événementiels apprécient des fonds très flous et un sujet proche et net ; d’autres aiment créer du mouvement, voir des foules entières en mouvement. D’autres enfin décident de garder un style vintage en ajoutant du « bruit » ou du « grain » à leur image. Nous verrons dans cet article comment Photographe événementiel et maîtrise du boîtier photo iront de pair !

Photographe événementiel et maîtrise du boîtier photo :  l’ouverture de son objectif

Un peu de technique avant de rentrer dans le cœur du sujet. Pourquoi parler d’ouverture, qu’est ce que c’est ? Pour l’expliquer très sommairement, plus un objet est large, plus il laisse passer de la lumière. C’est le cas pour un tube, une feuille de papier enroulée, son poing serré ou … un objectif. Cet outil central de photographie possède un certain nombre de lames qui ont la capacité de se refermer les unes sur les autres ou de s’ouvrir. Une fois détectée par le boîtier, c’est ce dernier qui ‘envoie l’ordre’ aux lames de jouer leur rôle. Et ainsi, l’objectif filtre une quantité de lumière jusqu’à atterrir sur le capteur.
L’ouverture se mesure de la façon suivante : f/X (X étant la valeur d’ouverture). Si vous disposez déjà d’une focale, ou si vous vous y intéressez, voici quelques exemples que vous aurez probablement déjà rencontrés : f/2.8, f/5.4, f/8 … Pourquoi “f”, pourquoi une écriture si complexe, ces valeurs correspondent-elles à des centimètres, des pouces, ou autre ? Beaucoup de ces questions trouvent leurs réponses dans des calculs complexes, logarithmiques notamment. Nul besoin de comprendre ces calculs savants, il suffit de garder en tête que plus de nombre suivant f/ est faible, plus les lames sont écartées, plus l’ouverture est grande et la lumière passe. A titre d’exemple : une ouverture à f/1.8 est considérée comme très ouverte, tandis qu’une focale ouverte à f/22 filtre beaucoup de lumière.
Avant d’acheter un objectif, les constructeurs et revendeurs indiquent l’ouverture maximale. Il est essentiel de le comprendre et de réfléchir à votre usage au préalable. Maintenant que vous en savez un peu plus sur cette première notion de photographe événementiel, passons à ce qu’on appelle en anglais le Shutter Speed.

Les genres photographiques couverts par un photographe événementiel, avec un anniversaire entre un mère et ses deux filles

Photographe événementiel et maîtrise du boîtier photo : le concept de vitesse d’obturation

Le fonctionnement de l’obturateur

Certains parlent de flou artistique, d’autres ne maîtrisent simplement pas leur matériel. C’est en jouant avec la vitesse d’obturation que l’on arrive à créer des images plus ou moins nettes, tout en gardant un impact sur la lumière entrant dans le capteur. Pour expliquer simplement le fonctionnement, une fois la lumière filtrée par l’ouverture de l’objectif, le capteur, lui, n’est pas encore au contact de la lumière. Et justement, il va l’être pour (le plus souvent) un temps très court: à ce moment, un morceau de l’appareil, qui jusque-là protégeait le capteur de la lumière, se soulève puis se remet en place pendant le temps d’exposition. On le compte littéralement en fraction de seconde : 1/10e, 1/50e, 1/200, 1/8000 … Logiquement, plus le temps pendant lequel le capteur sera exposé à la lumière est long, plus la photo sera lumineuse : on risque ainsi la sur-exposition. A l’inverse, si la vitesse d’obturation est trop rapide, trop peu de lumière rentre dans l’appareil et tend à une sous-exposition, avec des tons trop sombres, et une image qui tend vers le noir.

Bien entendu, la situation d’ensoleillement ou d’illumination du sujet est à prendre en compte ! En été à 14h, une grande quantité de lumière est disponible, ce qui va nécessiter d’augmenter drastiquement sa vitesse d’obturation : de mon côté il n’est d’ailleurs pas rare d’atteindre la vitesse maximale de 1/8000e de seconde dans ces circonstances.

Concept de flou et de netteté

Au-delà d’impacter la quantité de lumière qui vient taper le capteur, la vitesse d’obturation permet de jouer sur le mouvement du sujet. Plus le capteur est exposé à la lumière, plus il a de temps pour capturer un mouvement. Et en une seconde, un large mouvement peut être capturé : un bras qui se tend, une tête qui se tourne, une personne qui avance … Dans des expositions dites longues (à partir de 1 à 2 secondes d’exposition) on peut les voir apparaître, de moins en moins nettement. Pour aller plus loin, on va pouvoir explorer le monde merveilleux des longues expositions, qui atteignent voire dépassent les 30 secondes d’obturation. Des rendus irréels, principalement destinés à la photographie de paysage (cela intéresse moins le photographe événementiel).

Les types d'events couverts par un photographe événementiel avec une femme souriante lors d'un anniversaire

Photographe événementiel et maîtrise du boîtier photo : comprendre la sensibilité ISO

Dernier point à révéler pour maîtriser la gestion de la lumière avec un appareil photo : il est possible de rendre son capteur plus ou moins sensible à la lumière entrante. Avec une échelle progressive allant de 50 à 102 400 ISO (c’est très rare, la plupart s’arretent entre 6400 et 12 800) ces nombres indiquent simplement le degré de sensibilité. Plus il est élevé, plus le capteur sera sensible. Il s’agit d’un excellent moyen de pallier aux situations de faible luminosité, comme en soirée ou dans des boîtes de nuit. Depuis son appareil, on augmente légèrement la sensibilité, en commençant par 800 ISO et en augmentant progressivement selon le besoin.

Je précise qu’il est essentiel de rester progressif et délicat avec ce paramètre : mal le gérer, c’est s’assurer d’un résultat qui manque de professionnalisme ! En effet, en contrepartie de sa sensibilité accrue, le capteur laisse apparaître plus et plus de grain ou de bruit photo (les deux termes symbolisent le même effet, l’un s’applique aux appareils argentiques, l’autre aux numériques). Si l’effet peut parfois donner un côté vintage et artistique, il peut vite refléter un problème de gestion de son matériel et devenir nuisible. D’ailleurs, tout les photographes sont passés par là : un shooting qui s’est mal passé, un problème de réglage et des photos ratées.
De mon point de de vue de photographe événementiel, il s’agit souvent du dernier paramètre que je touche : afin de gagner en luminosité, je jongle entre des vitesses un peu plus lentes et des ouvertures plus larges.

Le photographe evenementiel Emmanuel Gutman immortalise le sourire d'une fille en soirée

Photographe événementiel et maîtrise du boîtier photo : comment utiliser ces notions lors de shooting ?

Vous avez à présent les connaissances théoriques pour devenir photographe événementiel, il ne vous reste plus qu’à pratiquer. N’attendez pas la grande prestation pour vous entraîner, faites vos tests dans différentes situations, en intérieur et en extérieur, avec des modèles fictifs, des Lego, des voitures, des miniatures, du paysage. C’est mon premier conseil.

Ensuite utilisez, comprenez et maîtrisez votre appareil : chacun a ses propres réactions quant aux ISO qui montent et au bruit qui apparaît. Donc comprenez les limites de votre boîtier.
Enfin, tenez-vous à une hiérarchie des paramètres : ceux que vous pouvez vous permettre de régler plus souvent, et ceux qui doivent bouger le moins possible. De mon côté, je sais que je ne peux excéder les 3200 ISO pour garder une qualité irréprochable même en soirée. Je vais donc réduire ma vitesse d’obturation, et la garder à 1/100e de seconde voire à 1/50e. Et même si la plupart de mes objectifs ouvrent grand (f/1.8, f/2.8), j’aime conserver quelques crans d’avance, et tourner autour des f/3.2. Mais quand il le faut, j’ouvre aussi grand que possible pour éviter d’augmenter encore la sensibilité de mon capteur Canon.

Voici quelques exemples types de paramétrages en soirée ou dans des situations de faible luminosité :

  • f/2, 1/100, ISO 6400.
  • f/2.8, 1/50, ISO 3200
  • f/3.2, 1/80, ISO 3200.

J’espère que cet article vous aidera à comprendre votre matériel ou à choisir votre prochain objectif. N’hésitez pas à naviguer entre mes articles pour en apprendre plus sur la photographie d’events !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.